Avant sa parution, le testing de la Halde avait déjà suscité la polémique, tant sur ses méthodes que sur le cout.
D'entrée, son dossier de Presse donne des réponses sur le comment de ces tests. Le premier élément que j'ai retenu et qu'on ne discute a peu preès nulle part est le suivant : Le taux de réponses positives* moyen aux CV envoyés pour un entretien est de 13,81%.
La Halde précise la réponse positive : Accès à un entretien. C'est quand même la base. Hors toute histoire de discrimination, on a près de 9 chances sur 10 de se voir rejeter lors d'un envoi de candidature.
Dans ce pays en manque de main d'oeuvre, en pénurie diverses et variées de talents, le moins que l'on puisse sire c'est que les employeurs ne se bousculent pas pour convoquer des candidats. Faut-il en conclure que les CV envoyés étaient complètement à coté de la plaque ? C'est à mes yeux le chiffre le plus intéressant de cette enquête. Il sera le moins discuté comme il se doit.
Les enseignements qui "plaisent", car c'est bien pour cela qu'on fait ses études, sont pour le moins étranges.
Globalement, sur l’ensemble des entreprises, les candidats susceptibles d’être discriminés en raison de leur origine qui postulent sur les mêmes postes que les candidats de référence, ont 22,77% de chance en moins d’être convoqués en entretien.
Les candidats susceptibles d’être discriminés en raison de leur âge ont 42,17% de chance en moins d’être convoqués en entretien.
Ce qui dans les faits ne veut rien dire ou presque. La question n'est pas de savoir si Mustapha doit envoyer 1.22 fois plus de cv pour se voir proposer un entretien, mais combien de cv doit il envoyer pour obtenir un entretien. S'il l'obtient.
Car dans un marché cadre qui est en plein emploi, discriminé ou pas, le demandeur d'emploi va trouver un emploi. Idem sur l'age. Peut importe qu'il faille envoyer deux fois plus de cv qu'un jeune si au bout du compte le poste est bien présent.
Bizarrement, aucune étude ne porte sur cet aspect des choses. Il est vrai que seuls deux cas de figure vont apparaitre ; soit le plein emploi cadre est bien réel et on ne rencontrera aucune personne sur le carreau, soit on va découvrir une impossibilité pour pas mal de personnes de trouver un emploi et qui alors des jolis statistiques et discours ambiants ?
Pas étonnant enfin que ce rapport ne fasse pas que des heureux. Les entreprises étudiées du CAC s'en sortent globalement bien. Seuls trois noms ont été balancés à la vindicte populaire. C'est un premier problème pour tous ceux qui rêvent de s'entendre dire que toutes les entreprises sont racistes, qui plus est celles du CAC 40. Bilan trop beau pour les uns. suspect quand on pense aux conditions d'attribution de cette étude et à la somme qu'elle représente.
C'est aussi un problème pour les entreprises cités comme Accor Jobs qui peuvent légitimement se sentir floués par une telle démarche et par de telles conclusions sans nuances.
Je ne suis pas un partisan des testings institutionnels qui feront tout pour s'entendre dire ce qu'ils veulent entendre. Je ne suis pas, mais alors pas du tout, partisan de ces organismes qui font un fond de commerce de ce sujet, par les signataires devant les caméras de chartes sur la diversité ou de sauvegarde de la planète et de la banquise, bons sentiments et politiquement correct de rigueur, mais le sujet est épineux et le traiter est quasi impossible tant sont lourdes les arrières pensées sur ce sujet.
La Halde conclue sa présentation en rappelant que selon l’étude « Influence Discriminations » réalisée par TNS Sofres, 75% des français se disent favorables au renforcement des contrôles de recrutement par la mise en œuvre des tests de discrimination. C'est dire si l'avenir est radieux pour les instituts de sondages...
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