jeudi 31 janvier 2008
les stages de plus de trois mois rémunérés ... mais pas trop
Par Olivier Davoust le jeudi 31 janvier 2008 | Permalink |
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- Stage
Tout le débat, les commissions, les décrets non signés durant des mois pour connaitre le verdict : les stages de plus de trois mois seront rémunérés , mais pas trop. A partir de 30% de smic, soit 380 euros par mois.
Mes amis de Génération précaire l'ont plutôt mauvaise : une insulte à la jeunesse.
Pouvait-il en être autrement ? Franchement je ne le pense pas. Parce que sur le fond ce décret ne changera rien. Des stages intéressants à plus de 380 euros, cela existe déjà . Des stages non rémunérés de six mois, cela existait aussi. Les plus "honnêtes" passeront à ce mini-paiement, les plus "astucieux" passeront à des stages de trois mois non rémunérés.
Et encore faudrait-il distinguer les stages "obligatoires" intégrés à une formation et toutes les formules qui ont vu le jour pour disposer de ce précieux sésame qu'est la convention de stage sans aucun objectif pédagogique.
Le fond de l'affaire n'est pas le % du smic mais l'usage des stagiaires, mais l'utilisation abusive d'une main d'œuvre qui restera bon marché. Je pense toujours que le stage n'a pas à être obligatoirement rémunéré. Quand il reste un stage. L'éducation est loin d'être sans reproche dans cette histoire : en multipliant les périodes à passer en entreprise, elle a trouvé une solution idéale pour donner plus de consistance pratique à ces formations, en les allongeant au passage. C'était bien commode, et tout le monde y trouvait son compte. Tant que cela restait dans le raisonnable. Mais comme dans d'autres domaines, "trop de stages tue le stage".
Imposer un taux maximum de stagiaires dans l'entreprise, de l'ordre de 5% de l'effectif, m'aurait semblé plus utile. Mais c'est tout un système qui s'écroulerait, un système avec lequel on s'accommode au fond assez bien quand on appartient à un milieu social qui peut se le permettre.
Cela pose aussi clairement la question du premier emploi, son articulation avec les stages étant vraiment le point clef puisque cette période est appelée à servir de période d'essai. D'où un autre paradoxe : une période d'essai rémunérée à 30% du smic mais sans qu'on reconnaisse l'impact négatif de ces stages sur le marché du travail, le vrai, celui qui considère le salaire comme contrepartie normale et obligatoire du temps consacré à l'entreprise.
Trouver un stage sera toujours aussi difficile pour les uns, un passage obligé par des établissements scolaires bien heureux de ce système et un moment de vie formateur pour les autres. Je note quand même que dans l'état de pénurie actuelle des "cerveaux", il est surprenant que c'est par le bas qu'on pense attirer les talents. 380 euros ou 900 est totalement secondaire pendant quelques mois quand on parle de construire une carrière. Mais quand les carrières ne commencent pas et qu'on sent l'exploitation éhontée d'une jeunesse, le malaise n'a pas fini de s'installer ...
Vladimir Spidla est commissaire européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances.Il a
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